Biographie

Née en 1971 à Nantes (F) d’une mère algérienne et d’un père français.
Artiste plasticienne et performer, Carole Douillard utilise sa présence ou celle d’interprètes comme sculpture pour des interventions minimales dans l’espace d’exposition. Se situant au bord du spectaculaire tout en prenant soin de l’éviter, son travail appelle une redéfinition du spectateur, de l’espace de la performance et de la relation de pouvoir qui s’instaure entre l’objet contemplé et celui qui le contemple. Son travail se complète souvent de documents, films, récits et photographies. Depuis quelques années, elle s’intéresse particulièrement à la question des archives, de la conservation, dans le temps, de la mémoire et des gestes.

Ses récents travaux ont été présentés au T2G, théâtre de Genevilliers et au CCAM à Las Palmas (Iles Canaries). En 2019 et 2020 elle a exposé à Lace, Los Angeles, à la biennale d’Oslo (2019-2021), à Bruxelles (A performance Affair, 2018, Wiels, 2016), à la Biennale de Lyon (Mondes Flottants, 2017), à la galerie Michel Rein, à la Fondation d’entreprise Ricard, au Palais de Tokyo, au Mac Val, à la Ferme du Buisson, au Musée de la Danse (Rennes), au Centre Pompidou, au Centro de Arte Dos de Mayo (Madrid).

En 2019 elle a été lauréate de la bourse Sur mesure de l’Institut Français pour une recherche en Californie où elle a résidé plusieurs mois. La résidence s’est articulée autour des archives de l’écrivaine Susan Sontag, de l’histoire du geste et de la performance en Californie du sud des années 1960 à nos jours.

En 2020, La ville d’Oslo a acquis le second exemplaire de sa performance The Viewers (premier exemplaire produit et acquis par le CNAP en 2014). Le Cnap à égalment acquis la série de photographies Dog Life, To Hold, produite en collaboration avec la galerie Michel Rein (Paris) pour la biennale de Lyon en 2017. Le Frac Méca – Nouvelle Acquitaine a quant à lui fait entrer en collection le protocole de la performance The Waiting Room.

Le film Idir, réalisé en 2018 en collaboration avec Babette Mangolte (vidéaste et cinéaste, œil de la performance New Yorkaise des années 1960 et 1970) récemment exposé au Musée des Arts de Nantes et à Lace, Los Angeles, a rejoint la collection du Carré d’Art, Musée d’art contemporain de Nimes et de la fondation Kadist (Paris & San Franciso). Ce film de 30 minutes qui consiste en la reprise de l’archive vidéo d’une performance historique de Bruce Nauman (1967) dans les rues d’Alger, remet en jeu l’ondulation du corps de l’artiste à travers celui d’un jeune homme algérois, coincé dans son pays.
Membre, depuis janvier 2016, de l’Institut ACTE, CNRS – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, équipe Espas (Esthétique de la performance et des arts du spectacle/ Aesthetic of performance art), elle est également membre fondatrice du groupe de réflexion Economie Solidaire de l’Art avec Pierre Belouin, P-Nicolas Ledoux, Grégory Jérome et Guillaume Aubry.

Alive, sa première monographie parue aux éditions Cabin Agency en 2016 est diffusée par Les Presses du Réel. Elle rassemble des essais de Janig Bégoc, David Zerbib et Christian Alandete ainsi qu’un entretien avec Chantal Pontbriand.